Paris - Picpus

Le 05/05/2024 1

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Sortie Paris – Le cimetière de Picpus

Au vu du nombre très important d’adhérents intéressés, nous avons proposé 2 visites, une en mars et une en avril 2024, avec 2 guides différents.
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1ère visite

Petite balade de 5 km le matin entre le château de Vincennes et le cimetière de Picpus. Beau temps, balade agréable qui se termine par la coulée verte René Dumont.

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L’après-midi, notre guide (très intéressant) nous fait visiter le cimetière de Picpus, un des 2 cimetières privés de Paris.

Ce cimetière accueille quelques familles de descendants… des 1306 guillotinés de la « Grande Terreur » de 1794.

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Petit détour historique : le 5 septembre 1793, la Convention nationale, à la demande du Comité de Salut Public, met « la Terreur » à l’ordre du jour. Il s’agit de prendre toutes les mesures pour sauver les acquis de la Révolution. Par une justice rapide et impitoyable, le Parlement pense briser et « terroriser » les ennemis de la Révolution.

Quelques jours plus tard, le 17 septembre 1793, est votée la loi dite « des suspects ». Sont menacés ceux « qui n’ont rien fait contre la Liberté mais n’ont rien fait pour elle ». Ce qui veut dire que tout le monde, sans exception, est menacé.

La répression augmente, la guillotine ne chôme pas. Tourne-t-elle à plein régime ? Non, pas encore. Robespierre met la pression par le décret du 22 prairial an II (10 juin 1794). Dès lors, les procès vont se réduire à la simple expression. Plus d’avocats pour défendre les accusés (qui peuvent ne pas assister à leur procès). Les jurés du Tribunal Révolutionnaire n’ont donc que 2 choix, l’acquittement ou la mort.

Devant cette fuite en avant, Robespierre sera lâché par ses amis. Il sera lui aussi guillotiné le 27 juillet 1794 mettant fin à cette « grande terreur ».


Revenons au cimetière de Picpus.

Dès le début de la « grande terreur », quelques révolutionnaires sont venus « visiter » le jardin du couvent des chanoinesses de Saint-Augustin. Ils ont fait ouvrir une porte donnant directement sur la rue et creuser 4 fosses.

La guillotine est installée à 2 pas, place du trône renversé, actuellement place de l’Ile-de-la-Réunion. Elle va fonctionner du 14 juin au 27 juillet 1794 tranchant la tête de 1306 personnes.

Les victimes ne sont pas que des nobles. Une simple dénonciation (l’histoire s’est répétée par la suite) pouvait vous amener devant le tribunal révolutionnaire. Dans la chapelle, la liste des 1306 guillotinés figure par date, dans l’ordre de leur exécution. Leur âge et leur profession sont notés.

Quelques familles de nobles exécutés se sont regroupées et ont acheté l’enclos des fosses et les terrains avoisinants afin de pouvoir se recueillir. C’est ainsi que ce cimetière est devenu privé.

Bernard L

 

2ème visite

10h00. Château de Vincennes. Nous avons rendez-vous dans le 12e arrondissement pour une histoire où les rues et les lieux se mêlent et où les pierres murmurent des secrets.

01Nous longeons l’enceinte du joyau d’architecture médiévale du côté de l’avenue du Général de Gaulle. Son impressionnant donjon culmine à 50 mètres, ses créneaux s’élèvent vers le ciel. L’horloge de La Sainte-Chapelle trésor gothique, sonne régulièrement.

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Parenthèse bucolique avant le périf ou le baladeur à pied doit se méfier du pédaleur. Plus loin, le lac de Saint-Mandé caché au cœur du bois. Ici, les canards glissent en silence, laissant des cercles parfaits à la surface ; les saules se penchent vers l’eau dans les reflets dansants. Entre ciel et eau, les arbres murmurent des secrets.

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La coulée verte René-Dumont, connue également sous le nom de promenade plantée, traverse le 12e arrondissement de Paris. Elle suit le tracé d’une ancienne voie ferrée. Nous marchons dans l’ombre des arbres bourgeonnants surplombant la ville.

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Végétation plus sauvage, les rails d’autrefois ont laissé place à des allées verdoyantes. Nous redescendons en-dessous du niveau des rues bruyantes de travaux. On passe dans un tunnel assez sombre, espèce de grotte agrémentée de cascades rocheuses et de petites fontaines décorés de peintures,

Dans la coulée verte, les viaducs permettaient aux trains de traverser Paris sans gêner la circulation. Les jardiniers nettoient l’hiver, des skateurs glissent bruyamment.

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Le square est investi par des boutiques artisanales qui font revivre le quartier. Bientôt les branches plus vertes, accueilleront sous leurs ombres des consommateurs avides de fraicheur. A côté de fleurs épanouies, des lecteurs se reposent sur les bancs, îlots de tranquillité.

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Nous nous séparons à la fin de la rando.

Certains pro…s vont manger à la cantine. Après avoir acheté un sandwich, un gâteau à la boulangerie, d’autres vont grignoter dans le square Eugène Thomas, un petit jardin de forme triangulaire.

La fontaine Wallace chante une mélodie offrant son eau aux passants assoiffés ; le sophora du Japon incline doucement ses branches ; la statue de la Victoire est figée dans l’éternité. La pierre se tait, mais les souvenirs murmurent.

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Tous les pro…s se retrouvent devant le métro ou chacun murmure ses secrets de cuissons.
Nous partons en pro…s derrière notre guide.

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Église du Saint-Esprit, une église en béton armé. Ses murs sont parés de briques rouges, ses voûtes se déploient vers le ciel comme des ailes d’ange. A l’intérieur, les fresques sont des œuvres de Maurice Denis. Dans les hauteurs, l’orgue attend son moment pour résonner dans les nefs.

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34 Rue de Toul. Pierre Henry à la console. Cette fresque se situe sur le mur de la maison où il a vécu et composé.

Psyché Rock. Son morceau emblématique, qui se compose de cloches, de flûtes, cuivres, guitare, guitare basse, batterie s’inscrit dans le mouvement musical et laisse des traces dans l’histoire de la musique électronique.

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Symphonie du temps, passage Chaussin. Nous marchons dans des rues où se côtoient maisons basses et immeubles modernes, Avant de revenir dans la coulée verte puis rue de Picpus.

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Nous atteignons le cimetière de Picpus. Nous passons sous un grand porche en bois qui débouche dans une première cour.

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Derrière le puits, une chapelle surmontée d’un petit clocher de bois peint en vert.

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Lieu de mémoire des victimes de la guillotine. A gauche et à droite du chœur, la liste des 1306 guillotinés et enterrés dans les fosses communes de Picpus. On peut y lire leur nom et leur date d’exécution, mais aussi leur profession. On remarque, qu'aux côtés des nobles et des membres du clergé, les gens « du peuple » suspectés d’avoir trahi la Révolution et l’état, ou encore d’avoir travaillé de près ou de loin pour l’aristocratie.

Sur la liste des victimes, jour par jour, les jours avancent, le nombre des guillotinés augmente.

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Dehors, ambiance paisible, on longe une allée bordée d'arbres à ombrages.

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Une petite entrée sur la droite. En parcourant ses allées, les monuments funéraires portent les noms d’anciennes et importantes familles aristocratiques de France.

Dscn4528Au fond, la tombe de Gilbert du Motier, Marquis de Lafayette, noble d’Auvergne avec le drapeau américain. Il est parti se battre pour la Liberté, aux côtés des insurgés américains. Il a participé à la capitulation anglaise le 17 octobre 1781. En septembre 1783 est signé à Paris le traité de paix entre les Etats-Unis d’Amérique. Le drapeau américain, qui flotte en permanence sur sa tombe, est renouvelé tous les 4 juillet.

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L’enclos des guillotinés est séparé des familles par une grille. Au sol des bornes en pierre marquent l’endroit précis où se trouvent deux fosses communes contenant 1306 personnes guillotinées du 14 juin au 27 juillet 1794.

 

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Au nord, au fond du jardin de l’ancien couvent, la porte charretière. C’était l’entrée par laquelle la charrette pénétrait dans le parc pour livrer chaque nuit son lot de corps tous justes guillotinés.

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Coincé entre un hôpital et une école, dans cette bulle de nature, des poules en liberté nous suivent. Dans un carré potager, deux ruches bourdonnent, le silence règne, l’histoire murmure encore entre les tombes, reste les cris d'enfants de l’école voisine.

Nous reprenons le chemin de la sortie.

Dominique P

Commentaires

  • FENEUX Viviane

    1 FENEUX Viviane Le 06/05/2024

    Quel joli style d'écriture, Dominique... !
    Merci, et à bientôt sur d'autres chemins !

    Viviane

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